C’est à l’ESAD que Benjamin et Tristan se découvrent un univers artistique commun. BD, illustrations, peinture… Mais c’est surtout avec le graffiti qu’Enora et Koye, leurs noms d’artistes, se rapprochent.

En sortant de l’école, Benjamin et Tristan montent un projet d’exposition : La Carna. Un décor mobile de 100 m2 entièrement démontable qui comprend plusieurs pièces aux univers tous différents (hôtel, bar, métro, rue, montgolfière survolant une ville) et qui met en avant des oeuvres et des animations. Benjamin et Tristan font tout eux-mêmes, avec du carton et du bois… « Ce projet nous a appris à nous connaître professionnellement parlant, mais ce fut surtout le début d’une longue collaboration et d’une belle amitié », résume Benjamin.

L’envie leur prend de s’orienter vers la peinture murale, parce qu’ils ont « ça dans le sang ». Ils montent alors « Whole Street », une entreprise de décoration murale sur mesure et interviennent dans des commerces, des restaurants, des clubs sportifs, des boîtes de nuit, des structures sociales, des lycées, chez des particuliers même… « Un projet en partage avec les gens, une réponse à une demande… », explique Benjamin. « On explore des univers, des thématiques que l’on n’aurait pas explorés. C’est une vraie ouverture d’esprit. Ça donne une autre image de la peinture murale. On est plus des peintres muralistes que des graffeurs. Le graffiti, c’est un mode de vie, c’est très personnel. »

 

Un univers surréaliste et fantastique

Et puis, il y aura Le Mur… Le mur des Carmes, à Orléans qu’ils auront marqué de leur empreinte en septembre dernier.« Les organisateurs du projet, Jean-Michel et Ludovic, ont fait appel à nous pour notre patte, notre touche », raconteTristan. « On attendait depuis un moment d’avoir un projet comme celui-là sur Orléans. C’est important pour une ville d’investir dans les artistes locaux. On fonde un grand espoir dans la vinaigrerie Dessaux ! La fresque que nous avons réalisée sur Le Mur a un côté très illustratif.

Nous nous sommes inspirés de la BD et avons été influencés par le surréalisme. Notre travail a un côté poétique. Nous y intégrons une multitude d’éléments qui permet de raconter une histoire, à chaque spectateur de la construire comme il le souhaite. On a appelé cette peinture « Les explorateurs du subconscient ». Elle reflète la dualité des émotions : claire à gauche, plus sombre à droite, l’inconnu qui fait peur, l’avenir et ses doutes… » L’inconnu, la peur, les doutes… Les épreuves de la vie nourrissent leur travail. « Cela nous arrive de ne pas avoir envie de parler de choses gaies. On aborde des sujets plus sombres mais on utilise des couleurs claires, gaies. On apprécie de pouvoir jouer sur cette dualité. On aime ajouter de la symbolique, regarder les détails et les interpréter. Notre travail est ouvert à différentes interprétations. On crée un lien, on pousse les gens à imaginer, à réfléchir, à se découvrir. Comme une invitation à rêver… »

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