Chaque année, on attend impatiemment le grand retour de la fraise sur les étals, pourvu qu’elle soit parfumée et sucrée ! Autrefois considérée comme un fruit sans intérêt, bon pour plaire aux bonnes femmes et aux marmots, elle suscite aujourd’hui l’engouement de tous les palais.

En Europe, mais également en Amérique, on connaissait la fraise des bois ou la fraise sauvage, parfumée et goûteuse qui pousse spontanément dans les sous-bois et dont le plant forme des touffes basses. Ce n’est qu’à par tir duXIVe siècle que l’on s’intéressa à ce « faux fruit » pour obtenir des variétés plus charnues dont la production s’étalait sur plusieurs mois. Au XVIIIe siècle furent introduites des variétés provenant d’Amérique et cultivées dans un premier temps en Bretagne ; au XIXe siècle, on comptait déjà des centaines de variétés cultivées du nord au sud de la France en passant par le Val de Loire. En fait, la fraise n’est pas véritablement un fruit : la partie charnue est simplement le réceptacle hypertrophié de la fleur et les fruits ne sont que les petites graines dorées visibles sur la peau.

La fraise, qui appartient au genre Fragaria de la famille Rosaceae, est le neuvième fruit le plus consommé par les Français. Pour cultiver des fraisiers dans votre jardin, choisissez un endroit ensoleillé et préparez des planches de culture de préférence surélevées, enrichies en matière organique (fumier, composte). Les fraisiers se plaisent dans un sol silice-argileux, riche en humus et légèrement acide. Lors de la plantation, espacez les plants de 40 cm et paillez. Vous pouvez également cultiver vos fraises dans des paniers suspendus sur le balcon ou dans des sacs à suspendre agrémentés de fentes. Les fraises mûrissent très rapidement, alors veillez à les ramasser avec le pédoncule, soit le matin, soit le soir pour éviter le pourrissement. En ce qui concerne le choix des fraises, c’est une histoire de goût : certains l’aiment sucrée, d’autres acidulée, mais de préférence juteuse et parfumée. Sachez qu’il existe des variétés remontantes qui offrent des productions étalées de juin jusqu’aux premières gelées, comme la nova gento, la cirafine, la marquette, la mara des bois ou la charlotte, et des variétés non remontantes qui nous gâtent en offrant une production massive de mai à juillet, dont la fameuse gariguette, la cigaline, la manille ou encore la ciflorette. Des noms qui donnent déjà l’eau à la bouche !

Riche en vitamines C, B, E et K, la fraise est idéale pour stimuler les défenses immunitaires. De plus, elle est peu calorique, rafraîchissante et gorgée de nombreux sels minéraux (fer, sodium, magnésium, potassium, calcium). Le lévulose, le sucre de la fraise, convient aux diabétiques, mais malheureusement, à cause de l’histamine que le fruit dégage dans l’organisme, il peut se révéler indigeste et provoquer de l’urticaire chez les personnes souffrant de dermatose.

Bernard Le Bouyer de Fontanelle, écrivain et scientifique français du XVIIIe siècle qui mourut centenaire, attribuait sa longévité à sa grande consommation de fraises. Alors, ne lésinez pas, l’abus de fraises est bon pour la santé ! Outre leur pouvoir tonique, reminéralisant et dépuratif, les feuilles et la racine du fraisier sont également pourvues de propriétés astringentes, antirhumatismales et bactéricides.

La plupart du temps, on consomme la fraise nature, saupoudrée de sucre, agrémentée de chantilly ou de crème liquide à moins de la préférer en tarte, en tiramisu, en crumble ou en glace. Ne perdez pas de vue qu’elle se prête volontiers à une faible cuisson dans les plats sucrés-salés et relève à merveille le goût du magret de canard, de la côte de porc grillée et des gambas.