Cartable sur le dos, baskets neuves aux pieds et mille questions en tête, votre enfant fait son retour sur les bancs de l’école… Enfin, à un détail près : votre enfant est surdoué. Il y aurait en France 200 000 enfants aux aptitudes intellectuelles hors-normes sur dix millions d’élèves. Quels sont les signes de précocité ? Comment réagir et accompagner au mieux ?

Des signes qui ne trompent pas.

Un enfant intellectuellement précoce (EIP) sait souvent lire avant l’âge « normal » et surtout, il apprend seul. La plupart du temps, il dévore encyclopédies, dictionnaires, manuels en tout genre. En revanche, il peut rencontrer quelques difficultés concernant l’écriture. Intuitif, il apprend et comprend très vite. Ne vivant pas bien l’échec, il a tendance à manquer de pugnacité face aux difficultés. Ce qui peut être problématique dans le cadre de sa vie scolaire. Curieux et détestant la routine, il ne perd aucune occasion d’étancher sa soif d’apprendre en s’intéressant à des sujets qui ne semblent pas de son âge : la mort, les origines de la vie, l’espace, le sens de l’univers… Le « pourquoi » des choses est omniprésent chez lui, et ce, dès le plus jeune âge. Vivant ses particularités comme un défaut, il perçoit un décalage avec les autres et a tendance à ne pas vouloir se faire remarquer. Il a souvent du mal à s’adapter socialement. Il est hypersensible ! Très émotif, il ne supporte pas l’injustice, fait souvent preuve d’altruisme et a un sens aigu de l’esthétisme. Distrait ? Si le sujet ne l’intéresse pas, il fuit l’ennui et sa pensée s’évade vers un univers qu’il se construit. Il a l’esprit critique : capable de déceler les failles d’une personne, il les dénonce spontanément.

Comment établir un diagnostic de précocité ?

Les signes sont rarement décelables chez l’enfant de moins de trois ans et émergent très souvent à l’école. Pour évaluer la précocité intellectuelle, le psychologue réalise un test de QI (quotient intellectuel). Parallèlement, il identifie le contexte familial et socioculturel de l’enfant. Le résultat exprimé en chiffres permettra de cerner sa personnalité, d’identifier certains troubles fréquents chez les enfants à haut potentiel (dyslexie, dyspraxie, trouble de l’attention) et de mettre en place un accompagnement adapté à l’enfant afin qu’il s’épanouisse en faisant de son intelligence hors norme une force. Un accompagnement psychologique pour toute la famille peut parfois être judicieux et nécessaire.

L’importance de l’accompagnement d’un enfant précoce.

À la maison. Il faut être attentif à son bien-être et lui offrir un cadre rassurant, sans pour autant lui accorder des privilèges, car il doit respecter les règles comme ses frères et soeurs. Il est essentiel de lui expliquer sa différence pour éviter toute forme de décalage avec ses camarades, ce qui pourrait être source d’angoisse. Parler lui permettra d’apprivoiser sa différence et de se sentir compris. Il faut alimenter sa quête de connaissances et satisfaire sa curiosité : acheter des livres, l’inscrire à la bibliothèque, multiplier les sorties culturelles, l’encourager dans ses démarches, lui proposer des activités extrascolaires : musique, bricolage, sport, échecs. Attention à ne pas trop le pousser ! La part de rêve et de jeu demeure essentielle, il aime être stimulé, mais reste un enfant, il a besoin de calme et de repos. Créer des liens sociaux. L’enfant précoce ayant tendance à s’isoler, il est bon d’inviter les petits copains à la maison pour qu’il puisse partager avec les enfants de son âge.

À l’école. Sauter une classe (ou plusieurs) est souvent nécessaire. Afin d’éviter un décalage émotionnel trop important, il est idéal de le faire tôt. Très souvent, il s’agit de la grande section de maternelle ou

du CP.