L’exploration urbaine consiste à photographier des sites désaffectés. Et dans l’orléanais, ils ne manquent pas … vinaigrerie Dessaux, hôpital Madeleine, siège IBM, ancienne prison …

Dans le Loiret, les aficionados des friches industrielles trouveront leur compte pour réaliser des photos qui donnent l’impression que le temps s’est suspendu…

L’urbex est vu par ses pratiquants comme une activité artistique qui raconte l’histoire d’une ville souvent industrielle. Elle permet de photographier les traces que l’Homme a laissées sur la ville, en lien direct avec le patrimoine local. L’exemple de la vinaigrerie Dessaux à Orléans est parlant : elle en dit long sur le passé de la ville, son importance au XVIIIème siècle, son développement et sa mise en sommeil, un temps… « L’exploration urbaine est passionnante. C’est une activité qui donne l’opportunité d’appréhender sa ville, de voir comment elle s’est construite, d’en observer les vestiges et de comprendre comment on en vient à avoir un équipement comme la vinaigrerie abandonné depuis des années en plein centre-ville ! », développe Pauline, une urbexer de l’agglomération orléanaise.

À travers ses expéditions, l’urbexer cherche donc à comprendre le passé industriel d’une cité. Et puis se donner un petit coup d’adrénaline aussi… « Ce n’est pas une pratique réglementée, on pénètre dans des lieux souvent interdits au public, il y a un petit côté «je suis dans l’illégalité» excitant ! On passe quand-même par dessus les barrières ! », raconte Pauline.

Ces photographes du passé ne causent cependant aucune dégradation, ne dessinent aucun tag, comme tient à le souligner la jeune femme : « Un urbexer ne laisse aucune trace de son passage. On est seulement là pour prendre des photos. On ne déplace même pas une chaise ! On ne révèle pas non plus nos spots pour éviter les squats, les pillages, les dégradations… ».

AMBIANCE POST-APOCALYPTIQUE 

L’urbexer se voit un peu comme un pionnier… « On essaie de varier les lieux. Ce qui est génial, c’est d’être les premiers à pénétrer sur un site commente Pauline. Et puis, dans certaines villes, comme celles qui ont accueilli les Jeux Olympiques ou l’Exposition Universelle, l’urbex te met face à la démesure, la folie de l’Homme… Comme à Séville, par exemple, où s’est tenue l’Exposition Universelle de 1992. Le site a été abandonné en… 1993 ! C’est aujourd’hui une zone de non-droit, on évolue dans une véritable ambiance post-apocalyptique. »

Une pratique qui permet donc de s’interroger sur l’impact de l’Homme sur la Terre à travers le plaisir d’immortaliser des lieux qui résonnent encore du bruit des machines et des conversations de leurs anciens occupants.