Les cucurbitacées, avoisinant les 10 000 variétés, comptent parmi les plantes les plus connues et les plus cultivées au monde. Plantes gélives mais voluptueuses, à longues tiges rampantes ou grimpantes, aux fruits charnus, petits, gros, ronds, allongés, jaunes, orange ou verts, elles sont faciles à cultiver.

En Europe, depuis l’Antiquité, on connaissait les gourdes ou calebasses, les melons, les concombres et les pastèques sous le nom de Cucurbita, mais il a fallu attendre la découverte du Nouveau Monde pour que les quatre variétés de courges domestiquées par les Amérindiens déferlent sur notre continent. Les Européens en détaillèrent rapidement de très nombreuses variétés et en rapportèrent pour les jardins botaniques avant de les cultiver comme légumes. Antoine Nicolas Duchesne, agronome du jardin du Roi à Versailles, a repris les noms et organisé la classification de plus d’une centaine de courges du genre Cucurbita, accompagnée de 258 dessins, dans son Histoire naturelle des courges publiée en 1786. Puis, presque un siècle plus tard, Charles Naudin, biologiste et botaniste français, a également pris part à la distinction de plusieurs variétés de potirons en 1860. Il était coutume de cueillir les courges bien mûres avant de les consommer, ce qui facilitait leur rendement et leur conservation. Récoltées en automne, on les dénomme les courges d’hiver. Ensuite, les Italiens ont expérimenté une nouvelle façon de les cultiver et de les récolter avant leur complète maturité, donnant ainsi naissance aux courges d’été, appelées communément courgettes. Aujourd’hui, on compte environ 800 espèces qui se répartissent en 130 genres.

Les courges sont des fruits, bien qu’elles soient cuisinées comme des légumes. En soupe, elles se prêtent aux veloutés : servis dans leur coque, ils font de l’effet ! On peut les transformer en purée, les gratiner, les farcir ou régaler les papilles avec une bonne tarte salée ou sucrée.

Outre leur intérêt gustatif, certaines variétés sont cultivées pour leurs graines dont on extrait l’huile de pépins de courge au goût agréable et doux, aussi connue sous le nom d’or vert.

Dotées de qualités nutritives incomparables, les courges sont extrêmement riches en vitamines et en oligoéléments, et elles sont les seuls légumes-fruits à continuer à s’enrichir en vitamines et en sels minéraux après la cueillette.

Les courges sont divisées en cinq grandes familles : les potagères (Cucurbita pepo), les plus cultivées par les jardiniers amateurs, sont caractérisées par des feuilles rigides et un pédoncule anguleux. Les plus connues sont la courge spaghetti, la Jack O’Lantern, le patidou, la courge poivrée et les coloquintes.

Les courges musquées (Cucurbita moschata) aux feuilles molles et au pédoncule côtelé se caractérisent également pas leur calice très court. Les plus connues sont la butternut, la musquée de Provence, la sucrine du Berry et la courge longue de Nice.

Les courges géantes (Cucurbita maxima), comme leur nom l’indique, ont la particularité d’être assez grosses et se distinguent par leur pédoncule cylindrique, leurs tiges coureuses et leurs énormes feuilles arrondies. Moins exigeantes en chaleur que les potagères, elles produisent abondamment dans les zones fraîches. Ce sont elles que l’on appelle plus communément citrouille ou potiron. On peut citer le potimarron, le giraumon, le bleu de Hongrie et le rouge vif d’Étampes.

Les courges de Siam (Cucurbita ficifolia), caractérisées par de longues tiges vigoureuses pouvant atteindre 15 m de long, produisent des fruits assez grands, de forme ovoïde et à la chair blanche.

Les courges ayotes (Cucurbita argyrosperma), quant à elles, sont cultivées à la fois pour leurs fleurs, leurs jeunes pousses et leurs fruits, mais surtout pour leurs graines, essentiellement sur le continent américain.